KENYA

(Par Gilles)
8 juillet 2009 (par Sam)
Je me suis endormi dans les cahots de la route
dès la sortie de Nairobie,
et me suis réveillé d’un coup,
là :
Je n’avais pas réalisé où nous allions.
Je le savais bien pourtant, depuis une semaine je préparais ce tournage..
Mais je n’avais simplement pas réalisé que
nous serions au fin fond d’un paysage pareil..
Nous tournons dans l’école Masaï d’Eroret,
près de Magadi, au sud ouest du Kenya,
près de la frontière avec la Tanzanie.
Une petite série de batiments,
un réservoir pour collecter l’eau de pluie,
au milieu de nulle part semble-t-il.
Le décalage est total, comme jamais auparavant la sensation d’être
ailleurs..
ce projet parle à tous partout dans le monde,
et nous mettons en place notre petit barnum..
Une des petites salle de classe est transformée en studio de campagne,
selon un rituel immuable.
Cette fois cependant, nous avons ramené un groupe électrogène_
qui fait un boucan du diable_ pour notre projecteur,
je fais un spectacle intéressant en m’aspergeant d’essence.
Nous sommes accompagnés de Philippe,
stagiaire à l’ambassade de France qui a préparé notre arrivé.
(son visage prend bientôt la couleur de son polo : rose vif).
Lui aussi tient un blog :
UN AUTRE REGARD SUR LE TOURNAGE

Ntimama 5 ans Eorert pre school 15h30 (photo S.L)

Le soir, au guest house Magadi Soda, nous apprenons qu’avant nous, 2 équipes sont venue tourner dans la région :
une pour un thriller, « The Constant Gardener », l’autre pour un film corporate de l’armée anglaise, censé se passer en Irak. Les
méchants irakiens étaient joués par des masaïs, mais avec des burnous qui masquaient leurs visages..
Magadi Soda guest house, 19h (photo G.P)
9 juillet 2009 (par Sam)
Tournage.
Les enfants rentrent à pied le soir chez eux,
certains ont jusqu’à une heure de marche,
du coup, nous faisons bus de ramassage scolaire avec notre énorme land cruiser.
Et voilà 15 petits masaï qui chantent à tue tête sur le trajet du retour,
Dans la somptueuse lumière du soir.
Nous les laissons uns par uns ou par petits groupes sur le bord de la route,
D’où ils vont rejoindre leurs maisons, dans les collines.
10 juillet 2009 (par Sam)

Un des instituteur, Charles, organise une série de danses et de chants avec les plus grands.
Sous le cagnard, à capella, une jeune fille chante un poème, une litanie magnifique.
Un peu troublé je sous-module l’enregistrement.
A la fin du spectacle, Gilles se fait cuisiner dans le bureau de la directrice par le chef du village et trois, quatre pères de famille, quant à ses intentions par rapport à l’utilisation des images que nous avons faîtes
pendant que je range notre bazar.
« c’était pire qu’à l’aéroport en Israel » me dit il en sortant.
Sur le trajet du retour, je m’endors à nouveau.
C’était le rêve sans doute.
Un rêve masaï.
La photo que nous n’avons pas faite (par Gilles)
La trentaine de femmes massaïs, aux couleurs incroyables, assises sur des chaises d’écolier, en train d’écouter mes explications sur le travail que je suis venu faire avec leurs enfants.
Merci à :
Fatiha Saouh, Stéphane Gompertz, l’ambassade de France au Kenya, Philippe Bertrand, Georges Diener, Sarah Nduku Musaiwa, Charles Sayianga, Eroret Primary School, David Ntari, Naserian Nursery School.
Conclusion (par Gilles):
Etrange sentiment de culpabilité que de remettre le groupe électrogène de 8 KW dans notre énorme 4X4.
Les enfants comprendront-ils cette intrusion de l’électricité dans leur école pour quelques coups de crayons?
Notre petit studio de fortune repart plus à l’Est...
La salle de cinéma improvisée pour quelques guerriers massaïs de passage redevient une salle de classe.
On n’a pas bu un coup pour fêter notre départ...
Il n’y a pas d’eau ici et la saison des pluies cette année a été catastrophique.
On ne le verra pas sur les dessins, mais la vie est dure dans cette région du monde..
